Je déteste les premières notes…

15 janvier 2010 à 02:56 | Publié dans Général | 3 commentaires

Et je suis sérieux.

Oh, bien sur, me direz vous, j’aurais pu choisir la facilité, et attaquer direct, cash, commac, tête dans le guidon. Mais fondamentalement, ça n’aurait rien changé au problème. Vous avez beau le retourner dans tous les sens, une première note de blog reste une première note de blog.

La première note, personne ne la lit, sauf peut être votre maman. La première note, personne n’ira communiquer dessus, ça reste une coquille vide. Vous n’allez pas dire à vos potes « Hey Michel, j’ai ouvert un chouette blog ! Bon, y a juste un billet, mais tu vas voir, ça va charcler ! ». La première note, on vous la renverra toujours à la gueule. C’est une naissance, une première note. C’est moche, c’est violet, mais il faut bien en passer par là.

Alors, en général, on s’en sert comme d’un édito. Un joli plan en trois parties, pourquoi-quoi-jusqu’où.

Bien sur. On veut faire partager ses goûts, ses découvertes, ses analyses à ses potes. On se dit qu’en bon samaritain des réseaux, on aura peut être, de chaque lecteur qui traine ses guêtres virtuelles ici, à toutes petites touches, changé la vie.

J’aurais pu vous raconter que j’écris sous le coup de la nécessité. Que les seuls moments où je me suis senti vraiment créatif, c’était la semaine avant mes concours, et les journées d’attentes des résultats.  Et que, quoique dans une période beaucoup plus calme, j’éprouvais néanmoins un certain besoin d’écrire à nouveau, et d’être lu.

J’aurais pu faire étalage de mon côté connard-arrogant. « Comment, tu ne connais pas… »

C’est surement un peu de tout ca qui vous pousse, au beau milieu de la nuit, à une heure que les gens honnêtes ne connaissent pas ou plus… Mais ouvrons ensemble une parenthèse. Jamais je ne me suis endormi de bonne heure. Et ce n’est pas la narcose sarkozy1, cette fameuse « France qui se lève tôt » qui, consciemment ou non, m’aura empêché de veiller tard.

Pas la peine de refermer la parenthèse. De toutes manières, les probabilités que ce paragraphe soit lu par autre chose qu’un moteur de recherche sont proches de celles de voir débarquer une troupe de singes un manuscrit d’Hamlet à la main. Ou de celles de gagner mon poids en reblochon. On a vu mieux.

Non, la vraie question, la seule qui mérite d’être posée, ça n’est pas de savoir pourquoi j’ai ouvert ce blog. La vraie question est de savoir pourquoi je ne l’ai pas ouvert plus tôt, pourquoi je n’ai pas levé plus tôt mes fesses du confortable fauteuil où elles étaient calées, pour me lever – on ne pense bien que debout, à tourner en rond ; vous pouvez avoir un  verre à la main, si vous voulez avoir l’air crédible au cas où quelqu’un vous regarde – et entamer ce long monologue.

La réponse s’impose d’elle-même, dans sa diaphanéité la plus pure2.

J’avais la flemme.

Je suis sur que ce type de billet a déjà été fait dix, cent, mille fois, et avec bien plus de talent. Bah. On sera unique une autre nuit.

Il n’empêche… je déteste les premières notes.

1 j’emprunte là l’heureuse expression d’Alain Damasio. J’ai la ferme intention d’y revenir très vite
2 Ca ne mange pas de pain et ça fait joli.
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