Retour à la réalité

24 juillet 2014 à 08:46 | Publié dans Alcool, Foot, Musique, Séries | Un commentaire
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TroisPoints

Oui, je sais, lecteur gâté, exigeant compagnon. Je nous avais promis une note par mois, et tu me fais à fort juste titre remarquer que celle de juin est légèrement passée à la trappe. Mais à moins d’avoir traversé ces deux mois en anachorète (bien ta grotte ?), il ne t’aura pas échappé que j’avais deux-trois raisons d’être quelque peu occupé. Quelques festivals de toute beauté qui ont suivi une coupe du monde pour laquelle je pondais soixante mille signes ; un mois et demi bizarre, comme une parenthèse hors du temps, un mois et demi qui m’a laissé sur les rotules mais pas mécontent. Et ton billet t’entends-je vociférer ? Ah, c’est le moment de sortir une vieille ficelle de la presse mag, quand la rédac a envie de glandouiller paynard, on sort… et ouais, un numéro double. Et paf !

Tu l’auras compris, cette note va parler de musique, de foot… et un peu de séries parce que èh, ça faisait longtemps ; le tout en dégustant une The Kernel, parce qu’y a pas de raison. Si rien de tout ça ne te branche – comment, je nous croyais entre hommes de goût – il y a aussi plein d’autres articles chouettes juste là à ta droite.

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Début juillet est désormais marqué d’une pierre blanche sur mon agenda, avec deux festivals qui présentent l’avantage d’être 1) en plein cœur de Paris et 2) totalement gratuits, ce qui m’arrange bien tant je déteste devoir m’y prendre à l’avance et m’engager à être dispo X mois plus tard : je déteste ça au moins autant que faire une valise de départ avant la dernière minute, au moins autant que les clowns (Ça, évidemment) et les coiffeurs (qui devront un jour payer) ; je crois que j’ai déjà évoqué mon cauchemar de me faire couper les cheveux par un clown, une certaine idée de l’enfer.

Totalement gratuits, donc, sauf pour l’amateur de Heineken, mais si vous buvez de ça vous méritez bien de la payer sept balles la pinte, laissez moi siroter ma Sainte Cru. J’avais découvert le Fnac Live il y a deux ans, Soirs d’Eté seulement l’année dernière, ce qui ne manque pas de me faire me demander ce que je pouvais bien branler avant. Mes amis à qui je pose la question me répondant tous qu’ils ont bien une idée sur la question ; vu qu’EUX NON PLUS n’y étaient pas, je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent.

L’occase déjà de voir l’an dernier Eiffel, les Babyshambles, Jake Bugg, Puggy, Bastille, Tété, Jil is Lucky et les Naïve New Beaters sur la toute nouvelle place de la République, Higelin, Lilly Wood & the Pricks, Concrete Knives, Christine & The Queens, Miles Kane et Palma Violet sur le parvis de l’Hôtel de Ville, j’en passe et des meilleurs.

Cette année, c’était pas mal non plus.

Les copains de chez Oüi FM, aux manettes de la prog de Soirs d’Eté, ont sacrément bien assuré. Ça commence dès le dimanche soir avec Shaka Ponk dans un show hyper bossé, calibré pour la scène, au milieu d’une foule hyper chaude. Dès le lendemain, j’avais la joie d’enfin voir les Wampas (qu’est-ce que j’ai pu écouter ça ! Ça me sert même de bulletin de vote !), dans le pogo sous la scène, à hurler que Didier Wampas, décidément, c’est le roi ! Juste avant eux, les belges de Triggerfinger sont une belle découverte, un son sacrément puissant et une (oui, bon, assez vague, ok) impression de voir Lorne Malvo sur scène.

Ça continue dès le lendemain avec un autre groupe que j’ai pas mal écouté au lycée, les Australiens de John Butler Trio. C’était top, à part le random guy qui a amorcé une ascension de la statue de la République (et est monté sacrément haut), dont la foule a bien cru qu’il allait se tuer en plein milieu d’Ocean (non que ce soit pas une chanson adéquate, mais merde quoi). A ce moment-là, j’avais déjà le dos bien en miette, qui s’ajoutait à un bon déficit de sommeil dû aux matchs à deux heures du mat. Ceci dit, je ne regrette absolument pas d’avoir loupé les 80 premières minutes du légendaire Brésil-Allemagne ; la joie mêlée de surprise, en passant devant un bar en rentrant, de voir qu’il y a déjà 6-0. Et puis avec ma veine, mon ordi aurait planté de la 25ème à la 30ème, alors.

Je n’ai réussi à motiver personne à aller voir de très chouettes Klaxons en VIP mais sous une pluie battante et par un froid de gueux. Plus de succès le lendemain, et une sacrée cuite devant des Zebda déchainés, les Naïve (peut-être un peu moins bons que l’an dernier) et des Mustang qui m’ont un peu déçu (au même titre que Cats on Trees le dimanche). J’ai pas un souvenir fou du reste (The Dukes, Kodaline, Eugene McGuinness, Griefjoy, Natas loves you), mais ça m’a paru cool sur le moment, faudra que je réécoute tout ça plus en détail.

Vendredi, épuisé, avec une sacré crève, j’y suis surtout allé pour pouvoir me la raconter à dire que j’avais fait le grand chelem. Deluxe était cool ; FFF, ça m’a surtout permis de piger qui était le fuck ce Marco Prince qui était tout le temps invité au Burger Quizz. S’ensuivirent trois jours de plein sommeil, à peine troublés par les finales du mondial.

Trois jours de boulot, et ça repart du côté de l’Hôtel de Ville, cette fois sous un soleil de plomb (c’était amusant de voir comme tout le monde se rapprochait de la scène à mesure que l’ombre gagnait du terrain ; toujours est-il que les chanteurs étaient en plein cagnard. Je me souviens de Rover en 2012 suant comme un bœuf sous sa veste en cuir, expliquant que la veille à Bruxelles y caillait des meules, mais je dérive.)

Mø et Julien Doré (et sans doute d’autres avant eux, mais ça commence toujours trop tôt pour passer se changer, parce que la tenue de taf sous un cagnard pareil merci) ont bien chauffé la scène, même si je trouve qu’il manque un truc à Doré sans trouver quoi. Puis M. Grandiose, M. Une heure quarante de concert (pour un festoche gratos…), un beau mix de ses tubes et de chansons plus récentes. Grand moment. Le lendemain, La Femme, Breton et Gaétan Roussel : je m’attendais à des trucs chouettes, j’ai pas été déçu.

J’ai fait l’impasse sur le samedi et sur le dimanche soir, parce qu’Orelsan, Fauve et Bernard Lavilliers (Bernaaard Laaavilliers, mais qu’est-ce que tu vas pouvoir faire, il te reste plus de métier à faire !), c’est vraiment moins mon truc. J’ai passé une tête pour Kid Wide et Mina Tindle, c’était cool.

Et je me retrouve donc, après deux semaines de concerts et cinq de foot, en pleine décompression, avec le besoin urgent de raconter tout ça.

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Mais j’en vois se tortiller sur leur chaise depuis tout à l’heure, avec une question qui leur brule les lèvres ; dans ma grande mansuétude je consens à leur laisser la poser : ah ouais, t’aimes bien le foot ? Comme si c’était pas raccord avec ma ligne éditoriale et politique.

Bah ouais. Déjà, j’ai des tonnes de vieux souvenirs d’enfance de foot. La Coupe des vainqueurs de Coupes du PSG en 96 (c’est resté ma compète préférée, qu’est-ce que je la regrette quand je vois à quoi ressemble l’actuelle Ligue des Champions !) ; ce jour d’août où au lendemain d’une défaite en Roumanie, mon grand-père qui se levait toujours à l’aube dit à un petit Chauff (qu’on s’évertuait alors aussi à réveiller à l’aube) tout embrumé qu’« il est arrivé un coup terrible au Paris Saint Germain », une défaite 3-0 sur tapis vert – le match retour sera épique, le PSG gagnera 5-0, France 98 évidemment, j’aurai passé les deux tiers du match à tourner dans la pièce. Les parties de FIFA 98…

Plein de souvenirs de cour de récré aussi. J’ai déjà parlé de mon école ; j’y ai éprouvé une grande injustice un jour où, goal, l’un des curés m’avait mis les mains devant les yeux en gueulant « qui c’est ? », j’avais évidemment encaissé le but tandis que Curé filait à l’anglaise et que mes protestations laissaient mes camarades de marbre : rep à ça Jean Jacques Rousseau, ça c’est de l’injustice (et aussi sans doute l’amorce de mon athéisme radical, mais c’est une autre histoire). Autre traumatisme, les élastiques des filles attachés par sorcellerie à deux poteaux que nous faisions immanquablement sauter. J’étais plutôt intelligent pour mon âge, j’avais bien pigé comment l’attacher au premier poteau, mais le second, j’ai jamais pu (je soupçonne une astuce incroyablement naze et triviale, donc la sorcellerie me va très bien). Au collège où nous y passions toutes nos récrés, il fallut bien se rendre à l’évidence, malgré des heures et des heures de pratique je jouais comme une bite et acceptais conscient de mes limites de me recentrer sur un supporteuriat polymorphe : Paris évidemment, mais aussi pas forcément simultanément et pour des raisons diverses Nantes, Laval, la Juve ou Sankt Pauli.

Ca relève de l’anecdote, mais un jour où je réfléchissais à mon long parcours sur le web (comment je suis arrivé sur ce site ? comment j’ai connu celui-là ? Qui j’ai rencontré ? Où j’ai trainé ?), en remontant de fil en aiguille, j’ai réalisé que tout aurait été différent (et donc que je n’aurais peut-être pas du tout été la même personne) si ce dimanche-là, à l’aube des années 2000, je n’étais pas allé traîner sur psg.fr. Et ouais.

Et s’ensuivra donc un goût pour le foot. Mais un goût élitiste, sur la ligne des Cahiers (Un autre foot est possible, moins soumis à la FIFA et à l’argent, fait de foot et d’eau fraîche. Et l’important, c’est évidemment les trois poings !), un goût de gauchiste sans doute.

D’où une certaine culture foot – alors que je reste un peu une pine en tactique et que j’ignore tout plein de joueurs – mais plein d’anecdotes à la con grappillées ici et là (l’une de celles qui me fait le plus rire est celle de Just Fontaine qui raconte qu’en 58, l’Equipe de France ne connaissait pas les paroles de la Marseillaise et avait chanté Les Couilles de Mon Grand Père devant les officiels suédois lors de la récompense de la troisième place ; c’est pas la Génération 87 qui se permettrait un coup pareil. Mais « Coupet l’aurait arrêtée » ou la taupe d’Evra me servent aussi régulièrement), et une certaine connaissance des championnats belges, chypriotes voire saint-marinais (le championnat de saint marin a une formule de play off d’une complexité étourdissante).

Ni supporter braillant ni cynique blasé tendance mort-au-foot, un peu comme pour la bière – je déguste une St Stefanus là ; oui, ces notes mettent plusieurs jours à s’écrire – élitiste entre le bobo et le beauf, ni bobo ni beauf, sans doute un peu bo-beauf.

C’est ce qui m’amenait à organiser un concours de pronos au taf, et à pondre un compte rendu détaillé de, donc, 60 000 signes (cette déjà longue note en fait 12 500), truffée de bande sons, de gifs, d’histoires rigolotes et de privates jokes et que vous pouvez retrouver par ici, je note les noms de ceux qui cliquent pas.

60 000 signes, plein de soirs à écrire devant le match à deux heures du mat, devant cette sacrée coupe du monde, ses scénarii complètement timbrés (au moins jusqu’aux quarts), ses buts magnifiques et ses coupes de cheveux au moins autant – les footballeurs eux adorent les coiffeurs, quand je vous dis que j’avais pas les qualités pour faire ce métier !

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Et donc le retour à la réalité. Entre le manque – rhâââ, je me referais bien une coupe du monde ou un festoche – et le repos – rhâââ tout court.

Et l’occasion de rattraper quelques séries en retard.

Utopia qui revient, déjà. C’était ma claque de l’an dernier, c’est toujours aussi fou avec un premier épisode totalement flash-back, des turns à la pelle, j’adore ce pouvoir du Network, l’esthétique du show, la musique, j’adore Jessica Hyde. Utopia, c’est peut-être pas ce qui se fait de mieux dans l’absolu mais c’est ma préférée.

Le retour de Rectify fait bien plaisir, aussi. Rectify, c’est l’histoire d’un type condamné à mort il y a 20 ans, libéré sans être vraiment innocenté, qui revient dans une société qui continue à le juger. Ses personnages sont donc tous libres mais profondément enfermés, entravés. C’est d’une super sensibilité, et c’est toujours aussi bien. La saison 2 d’In the Flesh est aussi une réussite, l’histoire de la réintégration non pas de condamnés à mort… mais de mort-vivants soignés.

Masters of Sex revient aussi, et si ça garde le rythme de la première saison, ça devrait être top. J’ai été un peu déçu par le retour d’Orphan Black par contre. La performance de Tatiana Maslany (qui joue 7 ou 8 personnages) est dingue, mais le scénar part dans tous les sens.

Au rayon nouveautés, The Leftovers démarre bien. 2% de la population mondiale a disparu d’un coup, et trois ans après la société est profondément marquée, avec plein de sectes qui prolifèrent, et une capacité à me fouttre les foies extraordinaire.

Et puis, si vous ne les avez pas vues, je me demande ce que vous attendez pour rattraper True Detective et Fargo. Vous n’avez aucune excuse.

Ah, c’est pas avec tout ça que je vais tenir mon objectif de voir 100 films dans l’année – j’en suis à 38 depuis février, pas mal de Wes Anderson, de Terry Gilliam…

Retour à la réalité, dira-t-on.

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